Grossesse

Legging de grossesse : comment le choisir, et ce qu’il ne fait pas

Un legging de grossesse sert à être bien habillée pendant que le ventre s’arrondit : une taille qui s’adapte, une maille qui suit le corps, une tenue pour bouger. Il n’a rien d’un soin. Aucune source sérieuse ne lui reconnaît d’effet sur les jambes lourdes, les varices, la circulation ou le mal de dos. Si vos jambes vous gênent, c’est une contention médicale qu’il vous faut, prescrite par votre médecin ou votre sage-femme.

Un vêtement de confort

Le legging de grossesse s’adapte au ventre et à la silhouette. Il ne soigne ni les jambes lourdes ni le dos.

Les varices se traitent autrement

Pendant la grossesse, la compression médicale de classe 2 ou 3, prescrite et mesurée en pharmacie, est le seul traitement des varices.

Bouger reste le meilleur allié

La HAS recommande une activité physique adaptée à toutes les femmes enceintes sans contre-indication.

Ce qu’un legging de grossesse fait, et ce qu’il ne fait pas

Les fiches produit parlent de jambes légères, de circulation, de maintien du dos, de rétention d’eau, parfois de vergetures ou de cellulite. Ce sont des promesses de vendeur. Un legging de grossesse vendu en prêt-à-porter n’a ni classe de compression, ni prescription, ni prise de mesures : rien ne permet de dire avec quelle force il serre, ni où. Nous n’avons trouvé aucune étude qui montre un effet de ce type de vêtement sur les jambes, le dos ou la peau pendant la grossesse.

Ce qu’il apporte est plus simple, et c’est déjà beaucoup : une taille qui ne comprime pas le ventre, une matière qui s’étire au fil des mois, une tenue qu’on peut garder pour marcher, faire du yoga ou aller travailler.

Jambes lourdes et varices : la contention, pas le legging

La grossesse favorise les jambes lourdes. Selon l’Assurance Maladie, les changements hormonaux et la compression des veines des jambes par le bébé ralentissent le retour du sang ; la chaleur et la station debout prolongée aggravent la sensation. Des varices peuvent apparaître, aux jambes mais aussi à la vulve. Elles diminuent ou disparaissent le plus souvent après l’accouchement.

Pendant la grossesse, la compression médicale est le seul traitement possible des varices, selon ameli.fr. Elle est de classe 2 ou 3 pour les varices, sous forme de chaussettes, de bas ou de collants. Elle fait toujours l’objet d’une prescription : votre médecin vérifie qu’il n’y a pas de contre-indication, et le pharmacien prend vos mesures. La sage-femme peut aussi la prescrire. Sous certaines conditions, elle est prise en charge par l’Assurance Maladie ; pour le détail, renseignez-vous auprès de votre caisse.

Un legging, même étiqueté « compression », ne remplace pas ce dispositif : sans classe ni mesure, il peut serrer trop, pas assez, ou au mauvais endroit. Pour comprendre les classes de compression, voyez notre guide du legging de compression.

Mal de dos : ce qui aide vraiment

Le mal de dos est très courant pendant la grossesse. La revue Cochrane de Liddle et Pennick, publiée en 2015, indique que plus des deux tiers des femmes enceintes ont mal au bas du dos et près d’une sur cinq au bassin. Ce qui aide le mieux, selon cette revue, c’est l’exercice : les programmes de quelques semaines réduisent la douleur et l’incapacité, avec des preuves de qualité basse à modérée. Les données sur les ceintures de soutien sont minces, et il n’en existe aucune sur les leggings « maintien dos ».

Si le dos vous fait souffrir, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin : elle peut vous orienter vers des exercices adaptés, et prescrire si besoin une ceinture de grossesse.

Faire du sport enceinte : un legging, et surtout du bon sens

La Haute Autorité de santé conseille une activité physique adaptée à toutes les femmes enceintes qui n’ont pas de contre-indication : au moins trois séances par semaine, pour 150 à 180 minutes d’endurance d’intensité faible à modérée, plus du renforcement musculaire doux. Elle recommande d’éviter les exercices allongée sur le dos à partir de la 24e semaine d’aménorrhée, les activités à risque de chute, les environnements chauds et humides, et de boire régulièrement avec des vêtements appropriés.

Pour la tenue, un legging de grossesse respirant, avec une taille qui ne serre pas le ventre, fait l’affaire. Évitez en revanche les vêtements qui retiennent la chaleur : notre décodage du legging de sudation explique pourquoi la chaleur est le vrai risque de ces tenues.

Comment choisir un legging de grossesse

  • La ceinture : un bandeau large qui monte sur le ventre le soutient et le couvre ; une taille basse qui passe sous le ventre laisse plus de liberté. C’est une affaire de confort : essayez, et changez si l’élastique marque la peau.
  • La taille : prenez en général votre taille habituelle, et la plus grande en cas d’hésitation. Un legging trop petit serre le ventre et les cuisses sans rien apporter.
  • La matière : une maille souple, avec un peu d’élasthanne pour suivre le ventre, et opaque si vous comptez vous pencher ou faire du sport.
  • L’usage : un legging de ville pour tous les jours, un legging respirant pour le sport ; une version plus chaude en hiver.
  • L’après : un bandeau qui se replie permet souvent de garder le legging pendant les premières semaines après l’accouchement.

Quant au moment où l’on s’y met, il n’y a pas de règle : on l’adopte quand les pantalons habituels commencent à serrer ; des clientes racontent le porter dès le troisième ou le quatrième mois, jusqu’à l’accouchement.

Après l’accouchement

Le risque de phlébite ne s’arrête pas à l’accouchement. D’après Santé publique France, il est le plus élevé la semaine qui suit la naissance et reste plus fort qu’en temps normal pendant au moins dix semaines. Si une contention vous a été prescrite, gardez-la aussi longtemps que votre médecin ou votre sage-femme l’indique. Pour le sport, la HAS recommande d’attendre la consultation postnatale et la rééducation du périnée avant de reprendre la course ou les sauts : en général quatre à six semaines après un accouchement par voie basse, huit à dix après une césarienne, sur avis médical.

Questions fréquentes

Un legging de grossesse aide-t-il contre les jambes lourdes ?

Rien ne le montre. Un legging de grossesse de prêt-à-porter n’a pas de classe de compression et n’est pas mesuré sur vous. Pendant la grossesse, le traitement des varices est la compression médicale de classe 2 ou 3, en chaussettes, bas ou collants, prescrite par un médecin ou une sage-femme et ajustée par le pharmacien, avec une prise en charge possible par l’Assurance Maladie. Bouger régulièrement et éviter la chaleur, qui dilate les veines, aident aussi.

Faut-il choisir un bandeau sur le ventre ou sous le ventre ?

C’est une question de confort, pas de santé : aucune source médicale ne tranche. Le bandeau haut couvre et soutient le ventre, ce que beaucoup apprécient en fin de grossesse ou en hiver. La taille basse laisse le ventre libre et convient à celles que le bandeau gêne. Dans les deux cas, l’élastique ne doit pas marquer la peau : s’il serre, prenez la taille au-dessus.

Peut-on faire du sport avec un legging de grossesse ?

Oui, et c’est même une bonne tenue pour bouger. La HAS conseille une activité physique adaptée à toutes les femmes enceintes sans contre-indication : 150 à 180 minutes par semaine d’endurance douce à modérée, en évitant la chaleur, les chutes et, à partir de la 24e semaine d’aménorrhée, les exercices sur le dos. Choisissez un legging respirant, buvez régulièrement, et arrêtez au moindre signe d’alerte.